DC promettait une plongée dans les recoins les plus sales de Gotham, un body horror tragique et l’histoire d’un homme dont le corps devient son propre cauchemar. Le film Clayface possède bien cette matière, mais il la traite avec une prudence étrange : assez sombre pour afficher ses intentions, jamais assez fou pour leur donner toute leur force.
Dans cette chronique cinéma, Chandleyr revient sur une proposition qui n’a rien de honteux et ne produit pas un mauvais moment. Pourtant, derrière ses transformations, son gore et la tragédie de Matt Hagen, Clayface ressemble parfois à un Darkman de Sam Raimi filmé comme le pilote luxueux d’une série CW. Les idées sont là ; l’étincelle manque.
🎧 Écouter et s’abonner à Dans l’Ombre des Légendes
https://smartlink.ausha.co/danslombresdeslegendes
Le premier problème vient du body horror. Certaines trouvailles fonctionnent, mais la qualité inégale des effets et une réalisation trop classique empêchent la chair d’acquérir le poids nécessaire. Là où Guillermo del Toro aurait peut-être transformé Matt Hagen en figure monstrueuse profondément tragique, le film Clayface accélère son passage de victime défigurée à psychopathe convaincu d’agir pour le bien. La trajectoire se comprend, mais elle ne respire jamais assez pour devenir bouleversante.
Gotham souffre du même manque d’identité. Batman peut exister quelque part dans cette chronologie, son ombre ne se ressent presque jamais. Or il ne suffit pas d’affirmer que le justicier opère déjà dans la ville : encore faut-il que son absence pèse sur les rues, les criminels et la peur. Sans cette présence, Gotham ressemble trop souvent à une métropole interchangeable, privée de la noirceur singulière que Tim Burton, Bruce Timm ou Matt Reeves avaient su lui donner.
Le film Clayface retrouve une certaine beauté triste dans ses dernières minutes, mais confirme surtout une question plus large. Après Creature Commandos, Peacemaker, Superman, Supergirl et Lanterns, quelle direction James Gunn donne-t-il réellement à son univers DC ? Changer de ton à chaque projet peut produire de la variété. Sans menace commune, cohérence sensible ou véritable prise de risque, cette liberté peut aussi finir par ressembler à une collection de one-shots incapables de former un monde.
À écouter aussi dans l’ombre
KRAKEN : la tour cachait un monstre bien ordinaire
Une autre chronique sur une promesse d’horreur adulte progressivement affaiblie par des choix trop prudents.
https://podcast.ausha.co/danslombresdeslegendes/kraken-gazo-film-horreur
AHS 13 : la série est devenue sa propre parodie horrifique
Quand une franchise possède encore tous les signes de l’horreur, mais peine à retrouver ce qui la rendait inquiétante.
https://podcast.ausha.co/danslombresdeslegendes/american-horror-story-saison-13
⭐ Si cette chronique vous a plu, laissez 5 étoiles sur Apple Podcasts ou Spotify, abonnez-vous et partagez-la autour de vous. Votre soutien aide directement le podcast à être découvert.
Une réaction ou une idée d’épisode ?
📩 chandleyr@danslombredeslegendes.fr
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Support Dans l'ombre des legendes on Tipeee
Apple Podcasts
Spotify
Deezer
Podcast Addict
RSS Feed